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Sagesse
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Pour qui parler ? Pourquoi se taire ?

La franc-maçonnerie - son existence et l’influence qu’elle exerce ou non sur la société civile - constitue, depuis peu, un enjeu sociétal que chacun - maçon ou non - parait vouloir instrumentaliser. Ecole de sagesse, d’amour et de progrès, trop peu soucieuse de résultats pour les uns, secte protégée et lobby pour les autres : les critiques, selon qu’elles proviennent de sympathisants ou d’adversaires, sont diamétralement opposées.

Cela fait plusieurs années qu’après les traumatismes de l’après guerre, le Grand Orient de Belgique signifie ostensiblement son existence, aux côtés d’autres obédiences, à travers le Musée belge de la franc-maçonnerie, l’organisation de journées portes ouvertes, l’édition de plaquettes à l’intention des non-maçons. Il permet l’accès de son centre d’archives et de documentation aux chercheurs, organise, à l’occasion, des colloques publics, participe aux rentrées académiques de nos universités bruxelloises. Le Grand Orient de Belgique accepte aussi, de plus en plus clairement, de renoncer à sa traditionnelle discrétion lorsqu’il contribue financièrement à la réalisation de projets des sociétés et associations qu’il soutient.

Au motif que l’antimaçonnisme se nourrit de secret, d’aucuns exigent la transparence. L’équation est simple : Si la franc-maçonnerie n’a rien à cacher, elle doit se transformer en maison de verre. Nous nous trouvons à la croisée de plusieurs valeurs : le droit et le devoir d’information, le droit de savoir, la liberté de la presse d’une part, le respect de la vie privée, la liberté de conscience et même la liberté d’expression … Et la liberté d’expression c’est, aussi, le droit de se taire.

Parvis de Temple: rue du Persil à Bruxelles

 

Dans notre société où tout le monde comprend la nécessité et la légitimité du secret de l’instruction, du secret de la confidence, de la nécessité du secret professionnel, dans notre société où tout le monde comprend la nécessité et la légitimité du secret, ô combien important de la confession, du vote, ou des préférences sexuelles, dans notre société où le secret - coupe feu qui garantit pourtant, dans ses ultimes limites, la liberté de conscience-, n’a jamais été aussi malmené, il demeure des inconscients qui au nom de la pureté des intentions s’estiment en droit d’exiger la transparence totalitaire.

Les francs-maçons belges, aujourd’hui pas plus qu’ hier, n’estiment devoir changer d’attitude.
Au concept de transparence, ils préfèrent celui, moins politiquement correct, de clarté, faite de zones d’ombre et de lumière, de contrastes ; de cette clarté qui fait place aux choses non assurées, aux doutes et questions, véritable mise en reliefs de la condition humaine. Libres de faire état, s’ils le souhaitent, de leur propre appartenance, les francs-maçons s’engagent notamment, à ne pas disposer de celle d’autrui, à ne pas révéler le contenu de leurs échanges en loge, pas plus que celui des confidences échangées. Et, plus simplement, ils s’engagent à ne pas banaliser, vulgariser, disons «profaniser» leur méthode.

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Le Grand-Maître du Grand Orient de Belgique