Force
Sagesse
Beauté
Vers la version en néerlandais
Historique
175 ans et plus
Extraits de la constitution du GOB
Sa structure
Les loges du Grand Orient
Des origines
Dans nos régions
Dans le monde
En Belgique
En europe
Dans le monde
News maçonniques
News laïques
Revue de presse
Par période
Par discipline
Par ordre alphabétique
 
Force - La Franc-Maçonnerie - Des origines
La Franc-Maçonnerie des origines

On a beaucoup écrit, dit, colporté et glosé sur les origines de la franc-maçonnerie en tant que phénomène sociologique moderne. Moderne parce qu'il apparaît vain de poursuivre, en l'état des recherches historiques, la voie d'une filiation directe de la franc-maçonnerie dite "spéculative" avec une maçonnerie dite "opérative". Même si le modus operandi de réunion, de réception et de collation des degrés voire certains textes de références peuvent être similaires ou identiques. Il faut donc couper court aux légendes (souvent narrées aussi dans les Loges au 19ème siècle voire, parfois, au 20ème) et aux écrits infondés qui veulent voir une origine mythique de la franc-maçonnerie moderne dans les corporations moyen-âgeuses des bâtisseurs de cathédrales, les collèges romains, égyptiens ou grecs de tailleurs de pierre et d'architectes voire avec les Compagnons de Devoir et de Métiers. A ce sujet, les plus récentes études fouillées en la matière permettent dorénavant de privilégier, au contraire, la thèse dite de "la Clé écossaise".

La franc-maçonnerie moderne doit plus (sinon tout) au climat sociologique et philosophique de la Renaissance. A l'Humanisme de la Renaissance en particulier au moins autant, sinon plus, qu'au siècle dit "des Lumières". Que ce soient Erasme et son humanisme critique, Pic de la Mirandolle et son humanisme chrétien, Marcille Ficin et son humanisme classique, Baruch Spinoza et son humanisme sceptique, Isaac Newton et son humanisme naturaliste et tant d'autres encore: tous les acteurs de cette société en mutation ont eu un rôle indéniable dans l'ancrage profond d'une culture de l'esprit critique, de l'émancipation humaine, de la liberté scientifique et de l'étude de l'Homme et de la Nature, en général. C'est le sceau d'une époque qui va, de la Renaissance aux Lumières, du nord au sud de l'Europe, voir créés des lieux d'échange et de confrontation des Savoirs (les diverses académies dont la Royal Society à Londres, la Thérésienne à Bruxelles ou l'Académie Française à Paris, par exemple) et des organes ou lieux de "sociabilité" comme les Salons, les Sociétés de Pensée ou les Loges maçonniques.

Ce mouvement qui permet - et poursuit - l'étude du monde sans contraintes philosophiques marquées, en mettant les sphères de la foi et de la raison sur deux échelons différents, est une des pierres angulaires qui va permettre l'éclosion, au Royaume-Uni, à la fin du 17ème et au début du 18ème siècles, d'une maçonnerie qualifiée ensuite de "Maçonnerie des Moderns". Avec un creuset important: la Royal Society et aussi le rôle de personnages particuliers comme Jean-Théophile Desaguliers ou James Anderson ...

Ceci explique aussi comment et pourquoi - en-dehors de toutes connexions avec des collèges de bâtisseurs déjà disparus depuis belle lurette et sans faire appel aux filiations templières (autrement que symboliquement)- nos régions continentales furent très réceptives et, indéniablement, innovantes à leur tour dans le développement d'une franc-maçonnerie libérale. Une franc-maçonnerie cherchant à placer l'Homme au coeur de la quête de sens du Maçon, à lui permettre de bâtir son "temple intérieur" dans le respect des convictions, comme le sollicite la notion de "Centre de l'Union" développée, dès 1717, par la première Grande Loge de Londres, notion formalisée, dès 1723, dans les premières Constitutions maçonniques modernes dites "Constitutions d'Anderson".

Toutes notions étudiées et relatées récemment par l'actuel président de l'Institut maçonnique de France, Roger Dachez. Directeur depuis 1992 de la revue d'études maçonniques "Renaissance Traditionnelle" et auteur d'une "Histoire de la franc-maçonnerie française" (PUF, 2003), Roger Dachez a aussi pris part au documentaire "Voyage en franc-maçonnerie" (réalisé par Georges Combe en 2003). Il a été conférencier de la Chaire Théodore Verhaegen en 2007 lors de la première projection du film "La Clé écossaise". Parmi ses contributions les plus récentes sur le thème, voyez en particulier : "Les origines de la maçonnerie spéculative, état des théories actuelles", dans la revue "Renaissance traditionnelle" et  "L'invention de la franc-maçonnerie - Des Opératifs aux Spéculatifs" signé aux éditions Véga.